
J’ai accompagné Catherine le mois dernier. Elle venait d’hériter d’un T3 à Saint-Clément-de-Rivière et me posait LA question que j’entends chaque semaine : « Comment être sûre que mon locataire va payer ? ». Franchement, la peur des impayés, je la comprends. Mais entre le dépôt de garantie, la caution des parents, l’assurance loyers impayés et ce fameux dispositif Visale dont tout le monde parle… difficile de s’y retrouver. Ce guide vous donne les clés pour choisir la bonne protection, sans vous noyer dans le jargon juridique.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation juridique. Les règles locatives peuvent varier selon les situations. Consultez un professionnel de l’immobilier pour toute décision engageante.
L’essentiel sur les garanties locatives en 30 secondes
- Dépôt de garantie : obligatoire, plafonné à 1 mois (vide) ou 2 mois (meublé)
- Caution solidaire : gratuite mais formalisme strict, sinon nulle
- GLI : payante (2,5-5%/an) mais couverture complète, NON cumulable avec caution
- Visale : gratuite et solide, à privilégier si locataire éligible
Pourquoi les garanties locatives vous protègent (vraiment)
Soyons honnêtes : les histoires de locataires qui partent sans payer existent. Mais ça reste statistiquement rare. Le vrai problème, c’est quand ça vous tombe dessus sans filet de sécurité. J’ai vu des bailleurs perdre 8 à 12 mois de loyers parce qu’ils pensaient que « ça n’arrive qu’aux autres ». La procédure d’expulsion, entre le commandement de payer et la décision de justice, prend facilement 18 mois. Sans garantie, vous financez ce délai de votre poche.
36 mois
de loyers impayés couverts par Visale sur toute la durée du bail
Ce qui me frappe dans les dossiers que je traite sur le secteur de Montpellier, c’est que la majorité des impayés ne viennent pas de mauvaises intentions. Un CDI rompu, une séparation, un problème de santé… Les situations basculent vite. D’où l’intérêt d’avoir une garantie qui prend le relais automatiquement, sans que vous ayez à courir après votre locataire ou son garant pendant des mois.
La bonne nouvelle (et c’est rare que je dise ça) : vous avez le choix entre plusieurs dispositifs. Certains gratuits, d’autres payants. Certains simples à mettre en place, d’autres avec un formalisme strict. Le tout, c’est de comprendre ce qui correspond à VOTRE situation et au profil de votre futur locataire.
Caution, dépôt, GLI, Visale : quelle garantie choisir ?
Avant de comparer, clarifions un point qui crée beaucoup de confusion : le dépôt de garantie et la caution, ce n’est pas la même chose. Le dépôt, c’est la somme que le locataire vous verse à l’entrée. La caution, c’est une personne (ou un organisme) qui s’engage à payer à sa place s’il ne paie plus. Deux mécanismes différents, deux protections complémentaires.
Le dépôt de garantie : le minimum légal
Selon Service-Public.fr, le montant du dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour une location vide, et 2 mois pour un meublé en résidence principale. Pas de négociation possible : c’est la loi. Ce dépôt vous permet de couvrir d’éventuelles dégradations ou impayés de charges à la sortie du locataire.

Dans la pratique, ce dépôt couvre rarement plus d’un mois d’impayé. C’est un minimum, pas une protection suffisante si les choses tournent mal. D’après le guide pratique de l’ANIL, vous avez 1 mois pour le restituer si l’état des lieux de sortie est conforme, 2 mois sinon.
La caution solidaire : le garant humain
C’est le système classique : les parents, un oncle, un ami se portent garants. Ils s’engagent à payer à la place du locataire en cas de défaillance. Sur le papier, c’est gratuit et rassurant. En réalité, c’est un nid à problèmes si l’acte de caution est mal rédigé.
Dans ma pratique de gestion locative à Montpellier, je constate que la majorité des cautions solidaires rédigées sans accompagnement professionnel comportent des mentions manquantes qui les rendent contestables. Un garant peut faire annuler son engagement devant un tribunal si le formalisme légal n’a pas été respecté. Ce constat est limité à mon secteur d’activité et peut varier selon les régions.
GLI et Visale : les garanties institutionnelles
La Garantie Loyers Impayés (GLI) est une assurance que vous souscrivez auprès d’un assureur. D’après les données de GALIAN-SMABTP, le coût représente entre 2,5 et 5% du loyer annuel charges comprises. En échange, vous êtes indemnisé dès le premier mois d’impayé, avec une couverture des frais de procédure et parfois des dégradations.
Visale, c’est différent. Comme le détaille UFC-Que Choisir, ce dispositif public géré par Action Logement est totalement gratuit pour le bailleur ET le locataire. Il couvre jusqu’à 36 mois d’impayés. Les jeunes de 18 à 30 ans y sont éligibles sans conditions de ressources. Pour les salariés de plus de 30 ans, un plafond de revenus s’applique.
Le récapitulatif ci-dessous compare les quatre options selon les critères qui comptent vraiment au quotidien. Chaque ligne vous aide à identifier rapidement quelle garantie correspond à votre situation.
| Garantie | Coût bailleur | Couverture | Mise en place | Cumul possible |
|---|---|---|---|---|
| Dépôt de garantie | 0 € | 1-2 mois max | Immédiate | Oui (avec tout) |
| Caution solidaire | 0 € | Illimitée | Signature acte | Non avec GLI |
| GLI | 2,5-5%/an | Loyers + frais | Sous conditions | Non avec caution |
| Visale | 0 € | 36 mois | 48h validation | Oui avec dépôt |
Quelle garantie pour votre futur locataire ?
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Si votre locataire est étudiant ou apprenti :
Visale en priorité (gratuit, couverture 36 mois). C’est ce que je recommande systématiquement dans ce cas.
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Si votre locataire est en CDI avec revenus supérieurs à 3 fois le loyer :
GLI ou caution parentale selon votre préférence. La GLI coûte mais vous évite les relances.
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Si votre locataire est indépendant ou intermittent :
Vérifiez l’éligibilité Visale en priorité. Sinon, GLI avec conditions renforcées (plus chère mais possible).
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Si votre locataire est retraité avec revenus stables :
Le dépôt de garantie + vérification des revenus suffisent généralement. Profil à faible risque.
Les 3 erreurs qui rendent vos garanties inutiles

Je me souviens du dossier de M. et Mme Durand, un couple de propriétaires de Montferrier-sur-Lez que j’ai accompagnés l’année dernière. Leur locataire étudiant avait des parents garants, mais les revenus étaient justes. Les parents ont d’abord refusé de signer un engagement solidaire qu’ils trouvaient trop risqué. Deux semaines de négociation plus tard, on a trouvé un compromis : Visale (le locataire était éligible) combinée à une caution parentale limitée à 6 mois. La leçon : la transparence sur les engagements réels rassure plus que les promesses vagues.
Piège n°1 : le cumul interdit qui annule vos garanties
Si vous avez souscrit une GLI, vous ne pouvez PAS demander en plus une caution d’une personne physique. C’est la loi ALUR. Si vous le faites quand même, c’est le cautionnement qui sera annulé, pas l’assurance. Résultat : vous payez une GLI ET vous perdez le garant. Exception : les étudiants et apprentis peuvent cumuler les deux.
La deuxième erreur, c’est l’acte de caution solidaire bâclé. Les mentions manuscrites obligatoires ne sont pas une formalité : elles protègent le garant ET valident son engagement. Sans elles, un tribunal peut annuler la caution. Si vous optez pour cette garantie, consultez un exemple d’acte de caution conforme avant de faire signer quoi que ce soit.
Troisième piège : négliger la vérification de solvabilité. Une GLI ne vous couvrira pas si le dossier locataire était incomplet ou falsifié à la souscription. Les assureurs vérifient rétroactivement en cas de sinistre. J’ai vu des bailleurs déboutés parce qu’ils n’avaient pas demandé les trois derniers bulletins de salaire ou l’avis d’imposition. Un professionnel comme Alpaca peut vous accompagner sur cette étape critique.
Vérifications avant signature du bail
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Confirmer l’éligibilité Visale du locataire avant toute autre option -
Vérifier les revenus : 3 derniers bulletins + avis d’imposition -
Si caution solidaire : faire valider l’acte par un professionnel -
Conserver une copie de tous les justificatifs fournis
Vos questions sur les garanties locatives
Peut-on demander une caution ET une assurance loyers impayés ?
Non, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. La loi ALUR interdit ce cumul pour les autres profils. Si vous passez outre, c’est la caution qui sera déclarée nulle, pas l’assurance.
Quelle est la différence entre caution simple et caution solidaire ?
Avec une caution simple, vous devez d’abord poursuivre le locataire avant de vous retourner contre le garant. Avec une caution solidaire, vous pouvez réclamer directement au garant dès le premier impayé. C’est cette dernière qu’il faut exiger.
Combien de temps pour récupérer le dépôt de garantie ?
Vous avez 1 mois pour le restituer si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée. Ce délai passe à 2 mois si des dégradations sont constatées et que vous retenez des sommes.
La garantie Visale est-elle vraiment gratuite ?
Oui, totalement. Ni le bailleur ni le locataire ne paient quoi que ce soit. C’est Action Logement qui finance. En contrepartie, des conditions d’éligibilité s’appliquent au locataire (âge, revenus selon les cas).
Que faire si le garant refuse de payer ?
Avec un acte de caution solidaire valide, vous pouvez le mettre en demeure par courrier recommandé, puis saisir le tribunal si nécessaire. Sans acte conforme, vous n’avez aucun recours. D’où l’importance du formalisme.
Ce qu’il faut retenir
Les 3 points essentiels avant de louer
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Vérifiez systématiquement l’éligibilité Visale de votre locataire : c’est gratuit et solide -
Ne cumulez jamais GLI et caution sauf exception étudiants : vous perdriez la caution -
Faites valider tout acte de caution par un professionnel avant signature
La question qui reste maintenant : quel profil de locataire allez-vous recevoir, et quelle garantie correspond le mieux à sa situation ? Si vous hésitez encore entre GLI et Visale, ou si vous voulez vous assurer que votre acte de caution tient la route juridiquement, c’est le moment d’en discuter avec un professionnel de la gestion locative.
Limites de ce guide sur les garanties locatives
- Ce guide ne remplace pas un conseil juridique personnalisé adapté à votre situation spécifique
- Les montants et conditions mentionnés sont ceux en vigueur début 2025 et peuvent évoluer
- Chaque situation locative (colocation, bail mobilité, meublé) peut nécessiter des adaptations
Pour un accompagnement personnalisé, consultez une agence immobilière spécialisée en gestion locative, un notaire ou votre ADIL locale.