
Choisir le bon agent ne consiste pas à trouver celui qui a la plus belle vitrine, mais à identifier le seul qui a une véritable stratégie pour défendre votre prix.
- Un agent surchargé est mathématiquement incapable de consacrer le temps nécessaire à la vente de votre bien.
- La connaissance du quartier ne se résume pas aux prix moyens, mais à la maîtrise des projets d’urbanisme et des micro-marchés de votre rue.
- Un vrai vendeur sait traiter les objections et négocier activement, pas seulement ouvrir des portes et réciter une fiche.
Recommandation : Appliquez les stress-tests de ce guide pour transformer vos entretiens en un véritable audit de compétences et signer avec un partenaire qui maximisera votre net vendeur.
Vous êtes vendeur. Sur la table de votre salon, une pile de cartes de visite : des logos colorés, des sourires professionnels, des promesses de « meilleure estimation » et de « vente rapide ». Chacun prétend être le meilleur allié pour votre projet de vie. Mais au fond de vous, une angoisse persiste : comment faire le bon choix ? Comment distinguer le véritable champion, celui qui va se battre pour chaque euro de votre patrimoine, du simple « ouvreur de porte » qui attend que le bien se vende tout seul ?
On vous a probablement conseillé de comparer les honoraires, de vérifier les avis en ligne ou de choisir celui qui vous a fait l’estimation la plus flatteuse. Ce sont des conseils de surface, des platitudes qui rassurent mais ne protègent de rien. Car la performance d’un agent immobilier ne se lit pas sur sa plaquette commerciale. Elle se mesure à sa « faim », à sa capacité à anticiper, à négocier, à ne rien lâcher. Un agent « affamé » n’est pas un requin, c’est un athlète de la vente qui sait que chaque détail compte.
Et si la clé n’était pas d’écouter passivement leurs discours, mais de les tester activement ? Cet article n’est pas une énième liste de critères à cocher. C’est un manuel de détection, un guide d’interrogatoire conçu par quelqu’un qui a vu l’envers du décor. Oubliez l’entretien d’embauche. Vous allez mener un audit. L’objectif : démasquer le « touriste » et identifier le négociateur qui fera de votre vente sa priorité absolue. Préparez vos questions, nous allons commencer.
Bien que cet article se concentre sur le choix de votre agent vendeur, le financement de l’acheteur est une étape clé de toute transaction. La vidéo suivante offre un aperçu du rôle du courtier, un autre acteur essentiel de l’écosystème immobilier, qui intervient pour sécuriser la capacité d’emprunt des acquéreurs potentiels.
Pour vous aider à mener cet audit de manière structurée, nous allons décortiquer les 8 points de contrôle essentiels. Chaque section vous donnera les outils pour évaluer objectivement les compétences et l’implication réelle de vos candidats, bien au-delà de leur discours commercial.
Sommaire : Le guide pour auditer et choisir votre agent immobilier
- Pourquoi un agent avec trop de mandats en stock ne vendra jamais votre maison ?
- Le test des 3 questions pour vérifier si votre négociateur connaît vraiment le quartier
- Closing et traitement des objections : votre agent sait-il vendre ou juste faire visiter ?
- Agent à temps partiel ou pro à 100% : pourquoi l’agent « mandataire du dimanche » est un risque ?
- L’importance de l’intuition : pourquoi ne jamais signer avec un agent que vous ne « sentez » pas ?
- Compte-rendu de visite : à quelle fréquence votre conseiller doit-il vous informer pour être efficace ?
- Agent immobilier classique ou chasseur dédié : qui défend vraiment vos intérêts ?
- Carte T, RCP, Honoraires : comment vérifier que votre conseiller n’est pas un amateur ?
Pourquoi un agent avec trop de mandats en stock ne vendra jamais votre maison ?
Le premier réflexe est souvent de se tourner vers l’agent qui a le plus de panneaux « À Vendre » dans le quartier. C’est une erreur. Un portefeuille de mandats pléthorique n’est pas un signe de succès, mais souvent un symptôme de dispersion et d’inefficacité. Un agent surchargé pratique la « stratégie du chalutier » : il ramasse un maximum de biens en espérant que quelques-uns se vendront par chance, sans effort particulier. Votre maison devient alors un simple numéro dans une longue liste, noyée dans la masse.
La performance en immobilier est une question de focus. Un agent « affamé » sélectionne ses mandats. Il sait qu’il ne peut pas consacrer l’énergie, le marketing et le suivi nécessaires à 40 biens en même temps. Il préfère avoir 10 mandats et en vendre 8, plutôt que d’en avoir 30 et d’en vendre 5. La clé est la rotation du stock. Sur un marché sain, un bon agent doit avoir un taux de rotation élevé, preuve qu’il ne stocke pas les biens mais qu’il les vend activement. Un taux de rotation optimal se situe souvent autour de 3% par mois, ce qui signifie qu’un agent avec 20 mandats devrait conclure une vente toutes les deux semaines environ.
Ne vous laissez pas impressionner par le volume. Demandez des chiffres précis : « Combien de mandats actifs avez-vous en ce moment ? » et « Combien de ventes avez-vous conclues ces 6 derniers mois ? ». Calculez le ratio. S’il est faible, c’est un drapeau rouge. L’analyse de performance des réseaux de mandataires le confirme : les structures qui privilégient la qualité et la sélection, comme BSK Immobilier qui a connu une croissance spectaculaire, surperforment largement les réseaux « usines à mandats » qui ont vu leurs effectifs chuter.
Un agent qui a faim ne collectionne pas les mandats, il collectionne les ventes. Il sait que son temps est son capital le plus précieux et il l’investit sur des biens auxquels il croit et pour des clients avec qui il s’engage. C’est ce type de partenaire que vous recherchez.
Le test des 3 questions pour vérifier si votre négociateur connaît vraiment le quartier
L’immobilier étant un domaine compliqué, un bon commercial qui ne connaît ni le métier, ni le secteur sera toujours moins bon qu’un professionnel qui est expert de son secteur.
– Homki Immobilier, Guide pour choisir son agent immobilier
Tous les agents vous diront qu’ils « connaissent bien le secteur ». C’est la réponse la plus facile et la plus vide de sens. Votre mission est de percer cette façade. La vraie connaissance n’est pas de citer le prix moyen au mètre carré de la ville, une information accessible en trois clics. C’est de maîtriser les micro-marchés, les dynamiques invisibles qui font qu’une rue se vend 10% plus cher que sa voisine.
Pour passer du discours à la preuve, mettez en place un test simple mais redoutable : le test des trois questions. Ne lui demandez pas s’il connaît le quartier, demandez-lui de le prouver. Les réponses qu’il apportera (ou n’apportera pas) seront infiniment plus révélatrices que n’importe quelle brochure.
Ce test permet de distinguer immédiatement l’expert local du généraliste. Un agent qui hésite, donne des réponses vagues ou promet de « se renseigner » n’a pas fait son travail de fond. Un agent « affamé », lui, a déjà ces informations. Il les utilise pour justifier son estimation et construire sa stratégie de vente.
| Question à poser | Bonne réponse | Mauvaise réponse |
|---|---|---|
| Quels sont les projets d’urbanisme prévus dans les 5 ans ? | Cite 3 projets précis avec dates et impacts sur les prix (ex: nouvelle ligne de tram, réaménagement d’un parc, arrivée d’une école). | Réponse vague du type « la ville se modernise » ou, pire, « je vais me renseigner ». |
| Quel est le principal défaut du quartier aux yeux des acheteurs ? | Identifie honnêtement le point faible (ex: bruit, manque de commerces) et propose immédiatement une stratégie pour le contrer dans l’argumentaire. | Nie tout défaut (« c’est un quartier parfait ») ou reste généraliste (« ça dépend des gens »). |
| Quel est l’écart de prix au m² entre cette rue et la rue parallèle ? | Donne des chiffres précis basés sur des ventes récentes, expliquant la différence (ex: ensoleillement, type d’immeuble, nuisances). | Parle de moyennes générales pour tout le quartier, sans pouvoir détailler les nuances. |
Cette granularité de l’information est ce qui fait la différence entre une estimation « à la louche » et une stratégie de prix défendable. L’agent qui maîtrise ces détails est celui qui saura argumenter face à un acheteur négociateur et justifier chaque euro de la valeur de votre bien.

Comme le montre cette vue, un quartier n’est jamais homogène. Il est une mosaïque de micro-marchés avec leurs propres logiques de valeur. Seul un expert de terrain peut décoder cette carte complexe et l’utiliser à votre avantage.
Closing et traitement des objections : votre agent sait-il vendre ou juste faire visiter ?
Voici une vérité que peu de vendeurs réalisent : une grande partie des agents immobiliers ne sont pas des vendeurs. Ce sont des organisateurs de visites. Ils ouvrent la porte, allument la lumière, récitent une fiche technique et espèrent un coup de cœur. Mais que se passe-t-il quand l’acheteur émet une objection ? « La salle de bain est un peu datée », « La route est passante », « Le prix me semble élevé ». C’est ici que le « touriste » se décompose et que le vendeur « affamé » entre en scène.
Un vrai négociateur ne subit pas les objections, il les anticipe et les traite. Il ne voit pas un « non », mais une demande d’être rassuré. Sa mission n’est pas de débattre, mais de recadrer. Il transforme un point faible en une opportunité ou le compense par un point fort irrésistible. C’est cette compétence, le « closing », qui crée de la valeur et défend votre prix. Un agent qui ne maîtrise pas cet art vous coûtera cher, car il cédera à la première offre basse venue pour « conclure l’affaire ».
Pour évaluer cette compétence cruciale, vous devez le mettre en situation. Oubliez les questions théoriques. Passez au stress-test. Voici une checklist d’actions à mener pendant votre entretien pour sonder sa capacité à vendre, et pas seulement à présenter.
Plan d’action : Le stress-test de la négociation
- Jeu de rôle : Lancez-lui directement : « Mon voisin a vendu moins cher. Pourquoi le mien vaut-il plus ? ». Analysez sa structure de réponse, ses arguments, sa confiance.
- Test de qualification : Demandez : « Comment faites-vous la différence entre un curieux et un acheteur réellement motivé et finançable avant même la visite ? ».
- Cas pratique : Exigez un exemple concret : « Racontez-moi la dernière fois que vous avez sauvé une vente qui semblait perdue. Quelle était l’objection et comment l’avez-vous retournée ? ».
- Analyse du vocabulaire : Écoutez attentivement. Utilise-t-il un langage actif et engageant (« Je vais chercher l’offre », « Je défendrai ce prix ») ou passif et attentiste (« On va voir ce qu’ils proposent », « Il faut espérer ») ?
Exemple de traitement d’objection réussi
Un agent raconte : « L’acheteur avait fait une offre 15% sous le prix, arguant de travaux à faire. Au lieu de négocier le montant, j’ai d’abord creusé sa motivation réelle : c’était l’école réputée à proximité pour ses enfants, son critère numéro un. J’ai alors utilisé cet argument émotionnel pour justifier le prix, en lui montrant, preuves à l’appui, que les quelques autres biens disponibles près de cette école partaient 10% plus cher et nécessitaient aussi des rafraîchissements. Il a compris que le ‘ticket d’entrée’ pour ce secteur précis était justifié. Finalement, nous avons conclu à seulement 3% sous le prix demandé. » Cet exemple illustre la différence entre subir une négociation sur le prix et la maîtriser en la déplaçant sur la valeur.
Agent à temps partiel ou pro à 100% : pourquoi l’agent « mandataire du dimanche » est un risque ?
Le secteur immobilier attire de nombreuses personnes en reconversion ou cherchant un complément de revenus. Si l’enthousiasme est louable, la réalité du métier est impitoyable. Vendre un bien immobilier n’est pas un hobby, c’est un travail à plein temps qui exige une disponibilité totale et une réactivité de chaque instant. Un acheteur n’attend pas la fin de votre « vrai » travail pour vouloir visiter ou poser une question. Une offre doit être transmise et négociée dans l’heure, pas le lendemain.
Le risque de confier votre bien à un agent à temps partiel, souvent appelé « mandataire du dimanche », est immense. Manque de disponibilité pour les visites, temps de réponse allongés, suivi des dossiers en pointillé, connaissance parcellaire des aspects juridiques et techniques… C’est un pari que vous ne pouvez pas vous permettre de prendre avec votre patrimoine. Malheureusement, ce profil est loin d’être rare. En effet, une étude CoreLogic révèle que 63% des agents réalisent cinq transactions ou moins par an, un chiffre qui souligne la prévalence des praticiens occasionnels.

Un professionnel à 100% est immergé dans le marché. Il est en contact permanent avec d’autres agents, des notaires, des courtiers. Il est au courant des dernières ventes, des biens « off-market », des nouvelles réglementations. Cet écosystème professionnel est une force invisible mais déterminante pour la réussite de votre vente. Un agent isolé et à temps partiel ne peut rivaliser.
Je suis négociatrice immobilier depuis maintenant 7 ans et je peux vous assurer qu’exercer ce métier à temps partiel c’est impensable… avec la prospection, rentrée de mandats, pub, visites etc., vous n’allez plus avoir de temps libre du tout.
– Négociatrice immobilière expérimentée, Forum Droit-Finances
Posez la question directement et sans détour : « Est-ce votre unique activité professionnelle ? ». Ne vous contentez pas d’une réponse évasive. Un agent qui se consacre entièrement à son métier est un gage de sérieux et d’engagement. Il n’a pas de plan B. Sa seule option, c’est de vendre votre maison au meilleur prix.
L’importance de l’intuition : pourquoi ne jamais signer avec un agent que vous ne « sentez » pas ?
Après avoir passé en revue tous les critères objectifs – le stock de mandats, la connaissance du quartier, les compétences en négociation – il reste un facteur essentiel, souvent sous-estimé : le facteur humain. Vendre sa maison est un processus long, stressant et émotionnellement chargé. L’agent immobilier que vous choisirez ne sera pas un simple prestataire de services ; il deviendra votre confident, votre coach et votre « partenaire de stress » pendant plusieurs mois.
Si le courant ne passe pas, si la communication est forcée, si quelque chose dans son attitude vous met mal à l’aise, écoutez cette intuition. Même s’il présente le meilleur dossier sur le papier, une mauvaise relation humaine peut saboter une vente. Vous devez pouvoir lui faire confiance, lui parler ouvertement de vos doutes, et sentir qu’il est authentiquement investi dans votre projet, pas seulement dans sa commission. Cette alchimie est la clé d’une collaboration sereine et efficace.
Votre intuition n’est pas de la magie, c’est votre cerveau qui analyse des milliers de micro-comportements en une fraction de seconde. Apprenez à décoder ces signaux faibles. Un agent qui ne vous regarde pas dans les yeux, qui coupe la parole ou qui s’intéresse plus aux caractéristiques du bien qu’à votre histoire personnelle, envoie des messages négatifs. Pour vous aider, voici une checklist des points à observer attentivement :
- Contact visuel : Maintient-il un contact naturel et franc, ou son regard est-il fuyant ?
- Écoute active : Passe-t-il plus de temps à parler de lui et de son agence, ou à vous poser des questions sur votre projet et vos attentes ?
- Personnalisation : Ses réponses semblent-elles sorties d’un script commercial ou sont-elles spécifiquement adaptées à votre situation ?
- Respect : Vous coupe-t-il la parole pour imposer son point de vue ou vous laisse-t-il finir vos phrases ?
- Prise de notes : Note-t-il vos préoccupations spécifiques ? Cela montre qu’il vous écoute et que vos points sont importants pour lui.
Le choix du « partenaire de stress »
Une vendeuse témoigne : « J’avais le choix entre deux agents. Le premier avait d’excellentes références, un discours rodé, mais quelque chose clochait dans notre communication, je me sentais jugée. Le second, un peu moins expérimenté, m’a posé des questions sur l’histoire de ma maison, sur les souvenirs que j’y avais, sur les raisons de ma vente. J’ai senti une connexion. Pendant les 4 mois de la vente, avec les offres basses, les visites annulées et le stress ambiant, j’ai été tellement soulagée d’avoir choisi quelqu’un avec qui je pouvais vraiment échanger sans filtre. La vente s’est finalement faite au prix que nous avions fixé ensemble, dans un climat de confiance totale. »
Compte-rendu de visite : à quelle fréquence votre conseiller doit-il vous informer pour être efficace ?
Le silence d’un agent immobilier après une visite est l’une des plus grandes sources d’anxiété pour un vendeur. L’absence de nouvelles est pire qu’une mauvaise nouvelle. Un agent « touriste » disparaît des radars, ne vous appelle que pour annoncer une offre (souvent basse) ou pour vous demander de baisser le prix. Un agent « affamé », lui, comprend que la communication proactive est un outil de travail. Il ne vous informe pas pour vous faire plaisir, il vous informe pour ajuster sa stratégie en temps réel.
La qualité d’un compte-rendu est un marqueur décisif de professionnalisme. Un « ça s’est bien passé, je les rappelle » est inutile. Ce dont vous avez besoin, c’est d’un compte-rendu qualifié : Qui étaient les visiteurs ? Leur projet est-il mûr ? Leur financement est-il validé ? Quelles ont été leurs objections précises ? Quels arguments l’agent a-t-il utilisés pour les contrer ? Quelles sont les prochaines étapes ?
Cette information est de l’or. Elle vous permet de comprendre la perception de votre bien par le marché et de prendre des décisions éclairées. Si trois visiteurs successifs butent sur la décoration de la salle de bain, un agent proactif ne se contentera pas de le constater. Il vous proposera une solution : « Au vu des retours, je suggère d’investir 300€ dans un home-staging ciblé sur cette pièce. L’impact psychologique sera majeur. » Il ne subit pas les retours, il les transforme en plan d’action.
Le tableau suivant illustre parfaitement la différence entre un suivi amateur et un suivi professionnel.
| Type | Mauvais agent | Agent affamé |
|---|---|---|
| Après visite | ‘Ils ont aimé la cuisine’ | ‘Couple primo-accédant, budget validé à 250k€. Objection sur la 2e chambre, que j’ai contrée en valorisant la proximité de l’école.’ |
| Suivi | ‘Je les rappelle’ | ‘Relance planifiée demain à 14h, juste après leur rendez-vous à la banque du matin pour confirmer le prêt.’ |
| Analyse | ‘La visite s’est bien passée dans l’ensemble.’ | ‘Sur les 5 dernières visites, 3 visiteurs bloquent sur la salle de bain. Je propose un plan d’action pour un home-staging ciblé.’ |
| Stratégie | ‘On continue les visites et on attend.’ | ‘Au vu des retours, je suggère de modifier l’annonce pour mettre davantage en avant le potentiel du jardin, qui est un vrai plus.’ |
Exigez un plan de communication clair et écrivez-le noir sur blanc en annexe du mandat : un SMS après chaque visite, un appel de synthèse hebdomadaire, et un rapport mensuel avec les statistiques de l’annonce et les ajustements stratégiques. C’est le minimum requis pour un service professionnel.
Agent immobilier classique ou chasseur dédié : qui défend vraiment vos intérêts ?
Dans le paysage immobilier, tous les agents ne sont pas logés à la même enseigne. Entre l’agent d’une grande agence de quartier, le mandataire indépendant affilié à un réseau, et le chasseur immobilier, les modèles et les motivations peuvent différer. Comprendre ces nuances est essentiel pour savoir qui défendra réellement vos intérêts de vendeur. La montée en puissance des indépendants, qui représentent aujourd’hui une part significative des transactions, a rebattu les cartes et offre plus de flexibilité.
L’agent immobilier « classique » travaille pour une agence ayant pignon sur rue. Il bénéficie de la notoriété de la marque et d’un flux de clients acheteurs. Cependant, il est parfois soumis à des objectifs de volume qui peuvent le pousser à vouloir conclure une vente rapidement, quitte à négocier votre prix à la baisse. Le mandataire indépendant, quant à lui, est son propre patron. Sa rémunération est directement liée à sa performance, ce qui peut décupler sa motivation. Il est souvent plus agile et plus enclin à investir personnellement dans la commercialisation de votre bien.
Mais le véritable changement de paradigme réside dans le type de contrat que vous signez : le mandat simple vs le mandat exclusif. Beaucoup de vendeurs, pensant multiplier leurs chances, signent des mandats simples avec plusieurs agences. C’est une erreur stratégique majeure. En mettant plusieurs agents en concurrence, vous ne les motivez pas, vous les démotivez. Aucun ne voudra investir significativement en temps et en budget marketing (visites virtuelles, photos professionnelles, publicité ciblée) de peur qu’un concurrent ne vende le bien avant lui.
À l’inverse, signer un mandat exclusif avec un agent en qui vous avez confiance le transforme en véritable chef de projet. Il est le seul maître à bord et sait qu’il récoltera les fruits de ses efforts. Il est alors incité à investir massivement pour valoriser votre bien. Une étude du Crédit Agricole révèle que les mandats exclusifs génèrent en moyenne des investissements marketing trois fois supérieurs et réduisent les délais de vente de 30% par rapport aux mandats simples. En exclusivité, l’agent n’est plus en compétition avec d’autres agences, il est en partenariat avec vous pour affronter le marché. Son seul objectif est aligné sur le vôtre : vendre vite et au meilleur prix.
À retenir
- La « faim » et la méthode d’un agent sont plus importantes que la notoriété de son agence.
- Arrêtez de croire aux promesses : testez activement les compétences de l’agent par des mises en situation concrètes.
- Le choix d’un partenaire de confiance avec qui vous communiquez bien est un facteur de performance aussi crucial que ses compétences techniques.
Carte T, RCP, Honoraires : comment vérifier que votre conseiller n’est pas un amateur ?
Nous avons parlé de compétences, de stratégie et de relationnel. Il est maintenant temps d’aborder le socle indispensable : la légalité et le professionnalisme. Le secteur immobilier est réglementé pour une bonne raison : protéger les consommateurs. Un agent qui n’est pas en règle vous expose à des risques juridiques et financiers considérables. Le problème est que le secteur connaît un turnover important ; selon les données du secteur, près de 50% des agents arrêtent leur activité au bout de deux ans, ce qui signifie que de nombreux « débutants » sont sur le marché.
Ne soyez pas gêné de demander à voir les documents officiels. Un vrai professionnel sera fier de vous les présenter. Celui qui hésite, qui cherche des excuses ou qui vous dit « qu’il vous les enverra plus tard » est un immense drapeau rouge. Voici les vérifications essentielles à effectuer, document par document.

Ces documents ne sont pas de la simple paperasse. Ils sont la preuve que votre interlocuteur a le droit d’exercer, qu’il est assuré en cas de problème et qu’il respecte le cadre légal qui protège votre transaction. C’est la base de la confiance.
- La Carte Professionnelle (Carte T) : C’est la licence d’exercice, délivrée par la CCI. Demandez à la voir physiquement (pas une photocopie). Vérifiez son nom, le nom de l’agence, et surtout sa date de validité. Si l’agent est un collaborateur, il doit détenir une attestation fournie par le titulaire de la carte T.
- L’Assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RCP) : Elle est obligatoire et vous couvre en cas de faute professionnelle de l’agent. Exigez l’attestation d’assurance de l’année en cours.
- La clarté des honoraires : La grille tarifaire doit être affichée de manière visible et claire. L’agent doit pouvoir vous expliquer précisément comment ses honoraires sont calculés et ce qu’ils incluent comme services. Méfiez-vous des zones de flou.
- Le mandat de vente : Demandez à voir un exemplaire vierge du mandat que vous signerez. Est-il clair ? Comprend-il toutes les mentions obligatoires (numéro de mandat, durée, prix, honoraires…) ? Un mandat mal rédigé peut être une source de litiges.
Ces vérifications ne sont pas une option. C’est une étape non négociable qui vous protège et qui achève de distinguer l’amateur de l’expert engagé et structuré.
L’étape suivante est simple : préparez votre liste de questions, planifiez vos entretiens et commencez à séparer le bon grain de l’ivraie en appliquant ces tests. Votre futur prix de vente, et votre tranquillité d’esprit, en dépendent directement.
Questions fréquentes sur le choix de son conseiller immobilier
À quelle fréquence minimum dois-je recevoir des nouvelles ?
Exigez un cadre clair, idéalement par écrit dans le mandat : un SMS ou email après chaque visite le jour même, un appel téléphonique de synthèse chaque semaine pour faire le point sur la stratégie, et un rapport mensuel écrit avec les statistiques de diffusion de l’annonce et les ajustements à envisager.
Que doit contenir un bon compte-rendu de visite ?
Il doit aller bien au-delà de « ils ont aimé ». Un bon compte-rendu doit inclure le profil qualifié des visiteurs (état de leur financement, projet d’achat, délai), les objections précises qu’ils ont soulevées, les arguments que l’agent a utilisés pour y répondre, et les prochaines étapes concrètes avec des dates (ex: « relance prévue jeudi »).
Comment formaliser le plan de communication dans le mandat ?
Le plus simple est d’ajouter une annexe au mandat de vente. Précisez-y le canal de communication que vous préférez (SMS, email, appel), la fréquence minimale des contacts (hebdomadaire, après chaque visite…), le format attendu pour les comptes-rendus. Vous pouvez même envisager une clause de pénalité ou de rupture si ce plan n’est pas respecté.